Le propriétaire du château de Diependael est un vendeur de voitures à succès. Il se diversifie dans le lifestyle, car le secteur automobile fait face à de profonds changements.
Ce n’est pas la vie de château qui a mené Hervé Gregoir à en posséder un, mais une vie de travail acharné dans l’automobile qu’il ne souhaite pas être mise en péril par les profonds changements du secteur automobile.
Le groupe Gregoir est à la tête de cinq concessions automobiles BMW et Mini en plus des marques Hyundai, Suzuki et KGM à Puurs. Pour l’instant, avec les très bonnes performances de BMW notamment, tout va pour le mieux pour les affaires.
“On a connu de très belles années. Mais je ne suis pas convaincu que les années à venir seront aussi belles. Je vois peu de constructeurs avec une vision claire et nette pour l’avenir”, nous explique celui qui a lancé son affaire en 1989.
L’année dernière, Gregoir a vendu 3.900 voitures neuves et 1.600 voitures d’occasion, soit près de 220 millions d’euros de chiffre d’affaires et 8,1 millions d’euros de résultat opérationnel.
Une transition vers l’inconnu
Les constructeurs automobiles sont en train de revoir leur modèle de distribution pour passer d’un réseau de concessionnaires indépendants à un réseau d’agents. Stellantis s’est lancé dans cet exercice en Belgique, avec de sérieux revers.
D’autres prennent plus leur temps pour être mieux armés avant de se lancer dans cette nouvelle aventure. Dès la fin de l’année, le groupe BMW va ainsi passer au modèle d’agence pour tous ses points de vente Mini en Belgique.
La question, pour Hervé Gregoir comme pour tous les autres hommes d’affaires du secteur, est de voir s’il sera possible de bien gagner sa vie dans ce nouveau monde automobile. Pour Gregoir, il était donc crucial de se diversifier pour avoir un autre pilier à côté du pilier automobile.
Le groupe a déjà étendu son offre de mobilité dans les vélos électriques notamment (Canondale et Specialized), mais il est arrivé récemment dans un tout autre monde: celui du lifestyle et du mobilier de luxe.
Le groupe a mis sur pied sa propre marque lifestyle: Rêve by Gregoir, et est aussi devenu distributeur des meubles design d’intérieur chinois Camerich. Rêve by Gregoir vend des meubles d’extérieurs en plus d’autres objets de décoration comme des bougies. Pour voir la collection ? Rien de plus facile, il vous suffira de visiter le château de Diependael devenu le “showroom” de Gregoir pour sa nouvelle activité.
Un siège au château
“Je connaissais le château, j’ai appris qu’il était à vendre. J’ai eu l’idée de mettre notre siège social”, nous explique Hervé Gregoir. Ce château permettra en particulier à l’homme d’affaires d’aller chercher des clients ou des revendeurs à l’aéroport de Zaeventem et de leur proposer de séjourner au château.
Le lieu, un ancien restaurant étoilé, a été rénové pendant un an et demi par le groupe Gregoir qui va donc en faire le cœur de ses nouvelles activités.
Avoir un cap clair et un projet ambitieux serait aussi le meilleur outil pour attirer les bons profils dans son entreprise, estime le patron du groupe Gregoir. Il en aura besoin pour appréhender un nouveau business qui est loin de sa zone de confort habituelle. La distribution, il connait. Mais dans le monde du meuble et du lifestyle, il devra se faire un nom.
Mètres carrés
Son objectif est de se faire représenter “par des magasins, des hôtels, des architectes d’intérieurs” et des revendeurs. Avoir ce type d’activité peut aussi devenir intéressant si, dans le futur, les mètres carrés nécessaires en concessions deviennent moindre.
Mais n’allez pas voir dans ces derniers mouvements stratégiques une volonté de quitter les affaires automobiles, comme l’ont fait d’autres familles en Belgique comme les Moorkens.
“Loin de nous l’idée de changer quelque chose dans notre trajectoire automobile”, dit Hervé Gregoir qui entend surtout compenser une éventuelle diminution du chiffre d’affaires des concessions automobiles dans le futur.
“Si on est capables de rendre ce petit projet grand, ce sera une réussite”, dit celui qui veut avancer pas à pas. Dans ce nouveau business, c’est donc une sorte de retour aux sources pour le groupe Gregoir qui lance un business comme à ses débuts. Première étape, la Belgique et les Pays-Bas. Ensuite, le Luxembourg, la France et l’Allemagne.




